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 Présentation des causes culturelles du rejet des personnes différentes

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AuteurMessage
ChipiLO
'Ts'Ao-Chan'


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Je suis : de bonne humeur ce matin ...
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MessageSujet: Présentation des causes culturelles du rejet des personnes différentes   Jeu 11 Juin 2009 - 19:04

Pourquoi un rejet aussi violent ?





Introduction


Les
personnes différentes, qu’elles soient homosexuelles, bisexuelles,
transsexuelles, transgenres ou intersexuées ont, pendant des siècles, fait
l’objet d’un rejet très violent en occident. Nombre d’entre elles risquaient la
mort du simple fait de leur existence.



Durant les
dernières décennies, suite à des luttes très intenses, la situation a évolué.
L’homosexualité est maintenant suffisamment tolérée dans les pays d’Europe de
l’Ouest et d’Amérique du Nord pour que nombre de pays disposent sous une forme
ou une autre d’un partenariat enregistré qui permet aux couples homosexuels de
disposer des principaux droits des couples mariés. Le droit à l’adoption, lui,
reste le plus souvent encore exclu.



Mais tout
comme pour ce qui concerne les droits des femmes, ces avancées sont fragiles et
elles demandent à être constamment défendues. Les attaques contre les
partenariats enregistrés, contre les lois anti-discrimination et les
difficultés que rencontrent les personnes homosexuelles (sans parler des autres)
dans les ex pays de l’Est maintenant intégrés dans l’Union européenne sont là
pour nous le rappeler.



Sur le plan
affectif, l’insécurité intérieure de nombreuses personnes, le fait qu’il leur
soit insupportable de voir que d’autres personnes ne vivent pas selon les
normes dans lesquelles elles se sont vues contraintes de vivre explique en
bonne partie le rejet, la stigmatisation dont sont victimes les personnes qui
sont en dehors des normes traditionnelles en matière de genre.



Mais ce
rejet a également des bases idéologiques très anciennes, que l’on regroupe sous
le terme de patriarcat. La plupart des gens réduisent ce terme à l’oppression
des femmes par les hommes, ce qui en est en effet une des composantes
essentielles. Mais il a encore d’autres dimensions et il est important de les
présenter toutes.



(2)L’idéologie
patriarcale



Cette
idéologie édicte les régles suivantes :



• Il y a une différences d’essence entre
les hommes et les femmes. Cette différence est insurmontable.



• Les hommes représentent la perfection
et les femmes l’imperfection. Elles ont, par nature, la trace du mal en elles.



• La société doit établir une différence
très nette entre ces deux groupes, c’est pourquoi ils doivent se comporter,
s’habiller et réagir de manière totalement différente.



• Les hommes se doivent de refouler tous
leurs sentiments, en particulier ceux qui sont traditionnellement attribués au
genre féminin



• Les femmes se doivent d’afficher leur
"faiblesse" et leur imperfection et exprimer leurs sentiments. Elles
ne doivent surtout pas être éduqées, ni faire preuve de leur capacités
intellectuelles, ni faire preuve de qualités traditionnellement considérées
comme "masculines", comme le sang froid, le self control, la capacité
à faire face dans l’épreuve



• Cette distinction est un des piliers
de l’ordre social. Toute personne qui la transgresse commet un crime
impardonnable aussi grave qu’une haute trahison.



• Toute personne qui, de quelque manière
que ce soit, serait ambigüe représente un danger mortel pour l’ordre social
C’est pourquoi un genre doit être attribué aux personnes intersexuées.



• Les hommes qui représentent la
perfection ont naturellement le droit et le devoir de dominer les femmes.



• La femme, imparfaite, se doit de se
contenter de son sort et mettre toute son énergie à être une mère soumise et
obéissante, dans l’espoir de se voir sauvée par dieu malgré son imperfection.



• Les enfants sont encore plus
imparfaits que les femmes. Ils ont le mal entre eux et sont le signe du diable.



• Les parents se doivent de les éduquer
et de faire entrer par force le bien en eux.



• Les enfants doivent une soumission
absolue à leurs parents et ne doivent en aucune manière se révolter.



(3) Racines
historiques



Il n’y a pas
de doute que ce système se fonde sur la peur, voire la terreur des femmes. Mais
ceci n’explique pas que cette peur ait pris une telle ampleur dans notre
société.



Les racines
de ces croyances archaïques sont très anciennes. Elles sont nées dans
l’antiquité et elles se sont répandues sur une large partie de la terre. Mais
elles ne sont pour autant pas universelles. Des sociétés en dehors des grandes
religions ont établi des sociétés à trois voire quatre genres et ne ressentent
aucune peur face aux personnes intersexuées. Certaines ont attribué un rôle
sacré et reconnu, celui de chaman, aux personnes de ces autres genres. D’autres
sociétés avec un système de genres binaire, comme la société indienne, ont
admis qu’il existait des situations plus complexes et ont institué la caste des
Hijras. Mais cela n’a pas été le cas dans les sociétés monothéistes.



Même
aujourd’hui, les bandes d’adolescent-es ont des normes de comportement et
d’habillement très rigides. Les enfants qui ne les respectent pas s’en voient
exclues, et risquent souvent de subir des violences. Chez les garçons, ce sont
ces bandes qui les poussent à adopter des comportements dominants, même
violents face aux femmes, à dénier et à refouler tous leurs sentiments, à
abdiquer leur autonomie et leur conscience pour se soumettre à l’autorité du
groupe, etc. Sans même le savoir, ils transmettent de la sorte, le système de
normes du patriarcat [2].



Les grandes
religions ont largement été utilisées, voire même instituées dans le but
d’imposer cet ordre et d’en faire peser le poids sur tous les êtres humains
sans aucun échappatoire. C’est, par exemple au nom de ces religions et des
normes patriarcales que les colons qui se sont installés en Amérique du Nord on
massacré systématiquement les berdaches qu’ils rencontraient dans les tribus
indiennes. C’est au nom de ces mêmes religions que les femmes ont été mises en
esclavage par les hommes [1].



Cette
idéologie a été érigée en un principe quasi divin, en une soi-disant loi
naturelle qui serait censée gouverner le monde. Il n’en n’est bien sûr rien,
mais cela permet aux dominants de faire croire que l’ordre qu’ils impose est
légitime. Et ce système est si répandu qu’un grand nombre de personnes ne se
rendent pas compte qu’elles vivent corsetées dans un système de croyances et de
normes qui n’a rien de naturel ni d’inévitable.



(4) Impacts


Dans cet
univers, les personnes intersexuées, qui remettent en cause cette idéologie
sont vues comme le signe du diable. Tout est fait pour les faire disparaître.
On doit absolument leur attribuer un genre. Dans certains cas, il est toléré
qu’elle puissent en changer à la fin de l’adolescence [3], mais cela doit se
passer très formellement, devant un tribunal, en présence des médecins, des
chirurgiens et de l’évêque du lieu. Quat aux personnes complètement
hermaphrodites, elles avaient l’obligation de choisir un genre et de s’y tenir
sous peine de mort.



Affirmer que
les enfants portent le mal en eux et qu’ils doivent une soumission absolue à
leurs parents est aussi très pratique pour légitimer la pratique des adultes
qui les utilisent comme "poubelles émotionnelles", pour compenser et
combler leurs manques affectifs. L’ordre de soumission absolue, le "tu
respectera ton père et ta mère" empêchent toute prise de conscience et organisent
la société toute entière autour de ce tabou [5].



Ce dernier
explique aussi que, là encore à l’échelle soicétaire, tout soit fait pour
couper les individus de leur affectivité. Sans cela il pourraient se rendre
compte de quelque chose. L’école joue une part très importante dans ce
processus.



Hommes et
femmes se sont de tout temps révoltés contre cet ordre, le plus souvent au
péril de leur vie [4] . Nombre de femmes ont été condamnées à mort pour se
vêtir et se comporter en homme. Cela ne les a pas empêchées de le faire [3].
Les cas de femmes qui se sont habillées en homme, sont devenues soldats,
marins, aventurières, pirates, etc. sont nombreux et certains sont bien
documentés [4]. Il y a bien sûr eu des hommes qui ont fait le chemin inverse.
Il semble aussi que, pendant des siècles, nombre de ces personnes aient trouvé
un exutoire dans le théâtre, alors qu’il était interdit aux femmes de jouer. Le
nombre de cas documentés de personne prenant un rôle féminin augmente justement
au moment où les troupes se mettent à compter des femmes dans leur rang.



Il est très
difficiles de déterminer les motivations de personnes qui sont maintenant
mortes et qui ne disposaient pas du vocabulaire que nous avons créé au 20ème
siècle pour décrire les personnes, les comportements, les motivations qui
sortent du système patriarcal. Il ne nous est, de ce fait, pas possible de
savoir qui était "simplement" fortement féministe (et ne supportait
pas l’oppression subie par les femmes), qui était homosexuel-le, transsexuel-le,
transgenre, ou qui cherchait simplement à disposer d’un peu plus de sécurité
matérielle et sociale. Nous pouvons tout au plus poser des hypothèses plus ou
moins étayées. Tout ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est qu’il
fallait des personnes exceptionnellement fortes et motivées pour oser
transgresser un système aussi répressif et aussi pesant.



(5) Pour les
personnes LGBTI



Aujourd’hui,
les personnes qui ne correspondent pas aux stéréotypes patriacaux en matière de
genre font face à une opposition qui a des racines idéologiques très archaïques
et qui a pesé de tout son poids pendant au moins deux millénaires sur toute la
société. C’est au nom de cette idéologie que les médecins se sont mis à
corriger arbitrairement les nouveaux nés intersexués, que les fondamentalistes
religieux, les psychiatres et les psychanalystes s’opposent de toutes leurs
forces à une prise en charge respectueuse et adaptée des personnes
transsexuelles et transgenres, quitte à sacrifier des personnes à la
préservation de leurs préjugés. C’est toujours au nom de la même idéologie que
les personnes homosexuelles et bisexuelles sont discriminées dans la société et
que les femmes homosexuelles, qui s’inscrivent totalement en dehors de cette
norme archaïque risquent tout particulièrement des représailles de la part de
certains hommes qui n’ont de cesse de leur faire savoir "qui commande
ici".



Les
personnes aidantes, quel que soit leur formation, sont prises dans le même
système. Les personnes qui sont hors normes ont, de ce fait, beaucoup de peine,
à trouver une aide adaptée et respectueuse. Bien trop souvent, la relation
thérapeutique devient un pugilat entre un thérapeute incapable de faire
abstraction de ses préjugés, voire franchement homophobe et/ou transphobe et
un-e client-e qui se trouve sans cesse en situation de devoir cadrer fermement
la personne qui est censée l’aider. Quand ledit client n’a pas l’assise
intérieure pour le faire, ce dernier se voir enfoncé encore plus la tête sous
l’eau par la personne qui était censé l’aider et qui se prétend un-e
professionnel-le de la relation d’aide. Mais même quand la personne est solide,
on ne peut plus dire qu’une relation de ce style a encore quelque chose à voir
avec une relation d’aide.



Il est
naturel que des personnes qui se retrouvent sans cesse en face d’un tel
comportement deviennent extrêmement méfiantes face aux professionnels de la
relation d’aide et ne recourent à leur service que quand elles ont la preuve
qu’elles se trouvent face à une personne réellement respectueuse de qui elles
sont, ce qui est rarement le cas.



(6) Quelques
références



Les quelques
références qui figurent ci-dessous sont loin d’être exhaustives. Elles vous
permettront néanmoins de creuser certains des aspects de cette question.









[1] Guy
Bechtel,



Les quatre femmes de dieu


Éditeur : Omnibus (24 février 2000)


ISBN : 2259192513


Cet ouvrage
documente la manière dont le christianisme a été utilisé par les hommes pour
mettre les femmes en esclavage. Il est extrêmement bien documenté et rédigé.






[2] Shere Hite,


Sexe et business


Éditeur : Village Mondial (1 novembre 2000)


Format : Relié - 272 pages


ISBN : 2842110994


Cet ouvrage
parle des rapports hommes-femmes dans le monde professionnel. Dans un chapitre,
il aborde l’impact des bandes d’adolescent-es sur le comportement de leurs
membres.






[3] Marie-Jo
Bonnet



Les relations amoureuses entre femmes,
XVI-XX siècle



Éditeur : Odile Jacob (24 mai 2001)


Collection : Poches Odile Jacob


ISBN : 2738110126


Un des rares
ouvrages sur le sujet. Fort bien écrit. Aborde également la question des
comportements transgressant les normes en matière de genre ("cross
gender" en anglais, comme par hasard, cette expression n’a pas de
traduction en français).






[4] Vern L. Bullough, Bonnie Bullough


Cross dressing, sex and gender


Éditeur : University of
Pennsylvania Press (mars 1993)



ASIN : 0812214315


Ouvrage très
bien fait et l’un des seuls à traiter des traces historiques des comportements
"corss gender" en occident.



[5] Alice
Miller



Alice Miller
a non seulement écrit sur les maltraitances, sur les causes de la violence dans
les maltraitances graves, mais elle a aussi documenté l’enracinement historique
et idéologique des maltraitances dans le système patriacal. Son apport est
absoluement essentiel.






Alice
Miller



C'est pour ton bien


Éditeur : Aubier Montaigne (novembre 12,
1998), Collection : Psychologie Ps,



ISBN : 2700703723





_ Alice
Miller



L'enfant sous terreur


Éditeur : Aubier Montaigne (janvier 7, 1993),
Collection : Psychologie Ps,



ISBN : 2700721063








_ Alice
Miller, Léa Marcou (Traduction)



Libres de savoir : Ouvrir les yeux sur notre
propre histoire



Éditeur : Flammarion (août 2001)


ISBN : 2082100391





_ Alice
Miller, Léa Marcou (Traduction)



Notre corps ne ment jamais


Éditeur : Flammarion (septembre 10, 2004)


ISBN : 2082103625

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