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 Que révéler et à qui ?

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AuteurMessage
ChipiLO
'Ts'Ao-Chan'


Nombre de messages : 10315
Age : 48
Localisation : On the ouaib
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Je suis : de bonne humeur ce matin ...
Date d'inscription : 24/09/2007

MessageSujet: Que révéler et à qui ?   Jeu 11 Juin 2009 - 19:09

Quant on se découvre différent, se pose la question de savoir ce que l’on révèle de sa différence, à qui, quand et pourquoi.


Un
enfant peut avoir besoin de se sentir accueilli, soutenu et rassuré par
ses parents. Un adulte aussi peut avoir besoin d’être accompagné le
temps qu’il/elle intègre sa découverte. Et pourquoi vouloir cacher une
découverte importante, une part de ce qui nous rend unique et
précieux ? Pourquoi se poser une telle question ? Comment se fait-il
qu’il ne soit pas naturel de partager une telle découverte ?


Une très grande proportion des personnes qui font cette
découverte font également l’expérience que leur entourage, leurs
proches, leurs familles, leurs collègues, les gens avec qui ils sont en
relation ne sont pas nécessairement prêt à les accueillir comme il se
devrait, voire peuvent les rejeter violemment [1]. Pour un enfant, se
sentir rejeté par ses parents alors même qu’il a besoin de se sentir
accueilli, validé et rassuré peut être extrêmement douloureux et
l’empêcher de développer une image positive de lui-même et la sécurité
intérieure dont il/elle a besoin pour grandir affectivement. Mais un
adulte aussi peut souffrir du rejet de ses proches ou de son milieu de
travail.


De ce fait, quand on se découvre différent, la question
de savoir quoi révéler, à qui, quand et pourquoi devient très
importante et elle le restera peut-être toute la vie.


Certaines personnes peuvent avoir tellement peur
qu’elles n’arriveront pas à s’assumer, ou alors en toute dernière
extrémité. C’est, par exemple, le cas de personnes transsexuelles qui
ont fait l’expérience de voir leur spécificité totalement niée depuis
la petite enfance et qui trouvent in extremis la force d’essayer de
s’assumer comme dernière porte de sortie avant le suicide.


D’autres personnes peuvent au contraire faire de leur
différence un étendard. Elles s’affirmeront comme étant leur différence
en toute circonstance et attribueront la cause de toute difficulté au
rejet de cette différence par les autres. Elles sont susceptibles de se
trouver très souvent en conflit, ce qui va encore renforcer leur
conviction qu’elles sont rejetées en raison de leur différence, ce qui
peut entretenir et renforcer un enfermement.


D’autres vont plus ou moins compartimenter leur vie.
Certaines personnes homosexuelles, par exemple, n’ont révélé leur
différence qu’à quelques proches mais pas aux autres et surtout pas à
leurs parents ni au reste des gens qu’elles fréquentent. D’autres se
seront ouverts à leurs amis mais pas à leurs collègues.


Pour les personnes transsexuelles opérées, la question
de savoir ce qu’elles révèlent de leur passé est aussi très importante.
Après tout, après avoir vécu des années souvent très difficiles, il est
légitime de vouloir vivre en paix et de vouloir éviter que les autres
vous regardent comme une bête étrange plutôt que comme la personne que
vous êtes. Certaines choisissent de couper complètement les ponts et de
ne rien révéler à personne, pas même à leurs éventuels partenaires.
D’autres sont discrètes mais tiennent à vivre des relations
transparentes avec leurs proches. D’autres encore sont complètement
ouvertes.


Pour les personnes homosexuelles, la question est un
peu différente, dans la mesure où il ne s’agit pas de leur passé mais
de leur présent, où il ne s’agit pas de qui ils/elles sont, mais de qui
ils/elles aiment. Quant aux personnes qui sont à la fois transsexuelles
et homosexuelles, elles se retrouvent confrontées aux deux questions à
la fois.


Pour les personnes intersexuées, il est question de
révéler leur histoire qui peut avoir été profondément marquée par des
interventions arbitraires et non consenties, par les conséquences de
ces dernières, par le silence complice de la famille, par les
conséquences affectives de ce dernier. Il peut aussi être question
d’affirmer une identité qui ne se réduit pas à une dualité simple du
type "je suis soit un homme soit une femme". Cette dernière question
est également partagée par d’autres personnes, dont les personnes
transgenres.


Quant au rejet, il fait toujours aussi mal. Il fait
d’autant plus mal qu’on révèle une part essentielle et très précieuse
de qui on est, de ce qui fait de nous un être unique.


Certaines associations militent pour une affirmation
forte et en toutes circonstances (le "out and proud" des anglophones)
de son identité. Il y a certainement des personnes qui se retrouvent
dans cette expression d’elles-mêmes et le travail qu’elles font est
très précieux. Mais tout le monde n’est pas prêt à s’exposer ainsi et
ça n’est pas nécessairement ajusté.


Vivre dans la terreur perpétuelle est quelque chose de
terrible, d’infernal et d’épuisant. Je souhaite à toutes les personnes
qui sont dans cette situation de trouver les ressources intérieurs et
l’aide extérieure dont elles ont besoin pour pouvoir accueillir et
chérir leur différence, leur part d’unicité.


Faire de sa différence un drapeau, évaluer sans cesse
toutes les relations à l’aune de l’acceptation ou de rejet (souvent
supposé) de sa différence coupe des autres et risque de transformer
chaque relation en conflit. Est-ce vraiment la meilleure manière de
trouver le bonheur ?


Vivre dans le ressentiment empêche de goûter tous les
bons moments de la vie d’aujourd’hui. Quand on les note et qu’on en
fait le compte, ils peuvent s’avérer bien plus nombreux que ce qu’on
croyait. Alors pourquoi s’empêcher d’y goûter ? Quand on a vécu des
carences affectives graves, des maltraitances sérieuses, quand on a
subi pendant des décennies des rejets viscéraux, quand on a du affirmer
son identité à la face du monde, il n’est pas facile de trouver la paix
[2]. Mais c’est essentiel pour pouvoir goûter au bonheur de la vie et
aussi pour pouvoir être et agir de manière ajustée dans nos relations.


Il me semble que la question clef qui nous permet de
savoir quoi révéler et à qui (à un moment donné) est de savoir quelle
part de nous fait partie de notre jardin secret et à qui nous l’ouvrons
(et jusqu’où). On peut, par exemple, considérer que le fait d’avoir été
forcé-e de vivre dans un corps qui n’est pas le sien pendant des
décennies ne regarde personne et ne révéler cette part de sa vie qu’à
quelques personnes choisies avec soin. Il n’est alors pas question
d’avoir honte de soi, mais de préserver son intimité. D’autres
personnes, au contraire, pourront sentir que cette partie de leur vie
ne fait pas partie de leur jardin secret et elles en parleront beaucoup
plus largement. Des personnes intersexuées pourront se situer face à
des interrogations comparables. Les personnes homosexuelles pourront se
demander si elles souhaitent vraiment parler ouvertement de leurs
préférences et de leurs partenaires et à qui. Est-ce que leur vie
amoureuse est quelque chose qu’elles ne souhaitent pas garder pour
elles et pour leurs proches ? Ou, au contraire, est-ce qu’elles sentent
qu’elles n’ont aucune envie de taire l’existence d’un-e partenaire
quand elles sont au travail ?


[1] voir, par exemple


[2] voir, par exemple







Source Vrais visages - Marie Noëlle Baechler

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Le temps est un serial qui leurre Miss.Tic
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Que révéler et à qui ?
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