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 Intersexué(e)s

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AuteurMessage
Rafael
Farniente or not farniente ?


Nombre de messages : 6050
Date d'inscription : 24/09/2007

MessageSujet: Intersexué(e)s   Ven 12 Oct 2007 - 19:58

Personne née avec des organes génitaux, difficiles ou impossible à définir comme mâles ou comme femelles selon les standards habituels.
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http://ftm-parents-and-co.forumactif.info
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MessageSujet: intersexes 1   Lun 19 Nov 2007 - 10:53

Qu’est ce que l’intersexualité ?


Q1 - Qu'est-ce qu'une personne intersexuée ?

Une personne intersexuée présente une morphologie sexuelle extérieure et/ou interne qui appartient aux deux sexes officiels. Les anciens mots utilisés étaient hermaphrodisme, pseudo-hermaphrodisme, androgynisme, etc. Il existe une grande variabilité de cas d'intersexuation. C'est pourquoi le terme intersexué convient mieux car il concerne toutes les variations.

L'intersexuation n'est pas aussi rare qu'il est dit et existe chez un grand nombre de personnes lorsqu'elle est minime. Une intersexuation forte peut être visible dès la naissance ou parfois bien plus tard, notamment à l'adolescence. Les cas relativement prononcés sont traités par la médecine et sont considérés comme des anomalies qui sont "rectifiées" par la chirurgie et le traitement hormonal. Presque toutes les associations d'intersexués du monde sont contre ces pratiques dites médicales qui violent les droits fondamentaux de la personne humaine.

Voyez par exemple les variations de l'intelligence dans une population. Vous aurez une très grande majorité de personnes dont l'intelligence est moyenne, un très faible nombre de personnes à l'intelligence très faible et d'autres très peu nombreux extrêmement intelligents. Aucune de ces personnes aux intelligences faibles ou au contraire très grandes n'est anormale. La nature est ainsi faite qu'il y a des variabilités entre les individus. Il ne viendrait à un médecin l'idée de rectifier les intelligences inférieures et supérieures pour les ramener à l'intelligence constatée du plus grand nombre. C'est pourtant avec cette approche aberrante que sont "normalisés" les enfants intersexués. La société les traite comme des monstres et des objets de curiosité médicale exposés dans les amphithéâtres d'étudiants alors qu'ils sont au contraire l'expression naturelle de la richesse de la variété biologique qu'on prétend par ailleurs préserver pour les plantes et les animaux. C'est parce que nous sommes dans une société qui culturellement a comme dogme de nier les lois de la nature s'appliquant à l'être humain qu'il est procédé ainsi. D'autres sociétés n'avaient pas ce concept purement culturel.

Exemple : Le troisième sexe chez les Inuits. Bernard Saladin d'Anglure, Anthropologue, université Laval, Canada.


Q2 - Peut-on définir la frontière biologique entre sexe masculin et féminin ?

Chacun d'entre nous a des aspects secondaires qui appartiennent aux deux sexes de manière plus ou moins prononcée, d'autres plus rarement ont aussi des organes génitaux du sexe dit opposé. Une femme totalement "féminine" ou un homme totalement "masculin" seraient des caricatures. Vous remarquerez par vous même qu'il y a de nombreuses femmes d'aspect un peu masculin ainsi que des hommes que l'on détecte comme efféminés. Toutes les nuances existent comme les couleurs de l'arc en ciel. Les intersexués sont comme les autres personnes pas plus anormales qu'un homme très poilu. Leur intersexuation est simplement plus marquée que la majorité.

Ceci étant dans le cadre de nos connaissances actuelles, il existe en principe une différence génétique entre hommes et femmes mais seulement en tendances de fond. Les hommes ont généralement deux chromosomes différents. Un Y et un X (XY). Les femmes généralement ont deux chromosomes identiques X (XX). Il existe des exceptions chromosomiques à ces tendances comme par exemples des hommes XXY et des femmes XY. Très schématiquement, l'embryon reste totalement féminin jusqu'à la huitième semaine de son développement. Puis le foetus XX sera faiblement virilisé et restera une fille. Le foetus XY sous l'effet des hormones masculines majoritaires sera davantage virilisé. Les organes génitaux féminins du départ seront transformés en organes masculins. Toutefois la similitude entre les organes féminins et masculins demeureront. Par exemple le gland du pénis est exactement la transformation du clitoris visible à l'extérieur. En interne le clitoris a en moyenne une longueur de 8 cm. La verge est constituée par les grandes lèvres de la vulve initiale qui se sont soudées. Regardez votre pénis. Ce pénis conserve la trace de l'organe féminin. Vous remarquerez une sorte de soudure tout le long de sa partie antérieure. Elle est la trace du sexe féminin dont les lèvres se sont soudées. Cette soudure appelée raphé est plus moins prononcée. Si le raphé est un peu boursouflé, très visible c'est une indication d'un taux important d'hormones féminines dans l'organisme. Elle peut même n'être pas totalement refermée, se situer de la zone périnéal (féminisation partielle maintenue) jusqu'à la zone balanique du gland (masculinisation presque complète). En médecine le terme utilisé pour une soudure incomplète est hypospadias. Si l'emplacement du méat urinaire est placé très bas (hypospadias périnéal, scrotal et pénoscrotal), ces garçon-filles devront uriner assis. La société patriarcale ne pouvant supporter que des garçons urinent comme des filles interviendra par des chirurgies de "normalisation" à répétition, extrèmement douloureuses pour l'enfant. Ces chirurgies seront pratiquées pendant plusieurs années. Le traumatisme du patient durera toute sa vie accompagné de séquelles des fonctions urinaires. Des témoignages bouleversants ont été recueillis par la commission des droits humains de San Francisco auprès d'adultes victimes de ces pratiques inhumaines subies lors de l'enfance. Tous affirment qu'ils auraient préférés gardés leur état d'intersexuation naturel de naissance. Par cet exemple limitatif concernant l'hypospadias on voit que la masculinisation du garçon est plus au moins achevée selon la sensibilité des récepteurs aux hormones masculines. Cette sensibilité est par ailleurs génétique. Elle varie d'un individu à l'autre. La virilisation sous l'effet des hormones continuera toute la vie. Pour les femmes une légère masculinisation apparaîtra à partir de la ménopause.

Dans certains cas où il y a une insensibilité presque totale aux hormones masculines, malgré un sexe "masculin" génétique XY, sera obtenue une personne aux organes féminins complets.

En conclusion, en l'état actuel de nos connaissances, il n'est pas possible de constater de différences absolues entre personnes dites de sexes différents puisque même le caryotype XY ne suffit pas à définir, sans aucune exception, le sexe conventionnel obtenu. Et quand une règle a une exception ce n'est plus une règle d'un point de vue scientifique. Les différences ne sont que statistiques avec bien entendu une fréquence élevée de personne ayant les phénotypes féminins et masculins conventionnels selon leurs caryotypes féminin XX ou "masculin" XY. La sexe de l'être humain comme pour les autres mammifères est de base féminine et le masculin n'est qu'une excroissance du féminin vers toute une gamme de nuances.

En laboratoire, il est facile de démontrer que le mammifère a une base féminine. Si un embryon de souris au cariotype XY reçoit au cours de son développement des molécules inhibant les hormones masculines est obtenu une souris femelle.. On peut même obtenir des souris plus ou moins intersexuées selon les dosages d'inhibition des hormones masculines. Non Eve n'est pas née d'Adam. C'est l'inverse.

Les phénotypes féminins et masculins se répartissent en deux gaussiennes jointives
F = aspect féminin - M = aspect masculin - IF = intersexuation féminine –
IF = intersexuation masculine

Au milieu du schéma se trouvent les personnes fortement intersexuées qui posent problème à notre société actuelle pour les assigner à l'un ou l'autre des deux sexes officiels.

Comme le montre les courbes, les deux tendances de fond restent les deux sexes officiels hommes et femmes mais là aussi avec des répartitions en degrés de masculinisation pour le féminin et en degrés de féminisation pour le masculin. Chacun d'entre nous est donc un intersexué qui s'ignore.

Selon les aspects morphologiques, il n'y a pas que deux sexes. Il n'y a que des degrés, sans frontière absolue. De plus chacun d'entre nous a selon son éducation son vécu personnel, la société dans laquelle il vit, une psychologie qui peut être plus au moins dite masculine ou dite féminine. Mais ici, il ne s'agit plus de sexe biologique mais de genre. Et pour les genres il y a aussi toutes les nuances.

Logiquement il ne devrait pas y avoir d'indication du sexe à l'état civil. Sinon pourquoi pas l'indication de la taille des pieds ou la race!

Pour en savoir plus :
- David Bainbridge, généticien, The X in Sex, Harvard University Press, 2003.
- Steve Jones, généticien, Y, The Descent of Men, Little-Brown, Londres, 2002.
- Brian Sykes, généticien à l'université d'Oxford, La Malédiction d'Adam: un futur sans hommes, Albin Michel, 2004.
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MessageSujet: INTERSEXES 2   Lun 19 Nov 2007 - 10:53

Q3 - Est-ce que les intersexués sont des transsexuels ?

Comme le nom l'indique, les intersexués sont des personnes qui se situent entre les deux sexes officiels. Ils sont naturellement plus ou moins masculins ou féminins. Cet état d'intersexualité est génétique. Les transsexuels sont des personnes qui psychologiquement se sentent appartenir à un sexe différent de celui de leur sexe de l'état civil. Ils font souvent appel à la médecine pour transformer leur corps par la chirurgie et les traitements hormonaux. Cette décision leur appartient en tant qu'adulte. Les personnes intersexuées peuvent avoir subi un traitement identique dès leur jeune âge afin de les transsexualiser de force. C'est une différence essentielle. Cependant, il y a de plus en plus de personnes intersexuées qui rejettent le sexe qu'on leur a attribué et dans la plupart des pays, elles doivent suivre les mêmes protocoles que les transsexuel(le)s.


Q4 - Pourquoi alors que vous affirmez que la "normalisation" des enfants intersexués est un crime contre l'humanité, les organisations et commissions officielles de défense des droits de l'Homme ne dénoncent pas avec vous ces crimes aussi graves?

Ce n'est pas tout à fait vrai depuis l'année 2005. Le 28 avril 2005 la commission des droits humains de la ville de San Francisco (USA) a publié un très long rapport sur ce sujet dont allons traduire une partie. Les membres de la commission, constituées de personnes intersexuées, de médecins, de sociologues, de scientifiques éminents, de juristes spécialisés en droits de la personne humaine déclarent que cette "normalisation" est une violation très grave des droits fondamentaux de l'Homme.

Cette dénonciation par un organisme officiel est un fait historique.

Ceci étant, c'est vrai que la plupart des organisations de défense des droits de l'Homme et de l'Enfant n'ont encore rien fait. Nous pensons que notre cause sera à terme prise en compte par ces organisations. En attendant, quelles sont les raisons de cette passivité ?

Elles sont multiples :

- La "normalisation" des enfants intersexués est encore considérée comme un traitement médical classique de rectification d'anomalies. De ce fait, ces organisations ne pouvaient pas s'inquiéter d'un problème qui relèverait a priori de l'éthique médicale. Il faut rappeler que les homosexuels étaient aussi, il n'y a pas si longtemps, considérés comme des anormaux. Des traitements hormonaux et psychiatriques leur étaient réservés afin de les "normaliser". Maintenant les lois ont évoluées et protègent en partie les homosexuels. Puis ont émergés les transsexuels qui sont devenus à leur tour les victimes de la "normalisation". Ils ont été considérés jusqu'à une époque encore très récente comme des "fous" qui relevaient du traitement psychiatrique. C'est encore un peu le cas dans les pays européens. Maintenant que homosexuels et transsexuels sont considérés comme normaux, les organisations des droits humains interviennent avec énergie en leur faveur. Il en sera de même pour les intersexués, la société finira par prendre en compte leur existence et acceptera sous la pression des organisations d'intersexués que nous soyons reconnus comme "normaux". Ipso facto les organisations des droits humains suivront pour défendre les intersexués.

- Les organisations des droits de l'homme sont ignorantes de l'existence des intersexués et des "normalisations" subies par les enfants intersexués.

- Ces organisations, même lorsqu'elles disposeront d'une bonne information (c'est notre mission) ne pourront réagir rapidement car ces organisations ont un travail immense. Elles ne peuvent pas tout faire et les atteintes aux droits humains dans le Monde sont très nombreuses par ailleurs.

- Les organisations d'intersexués sont très récentes.

- Désinformés la plupart des intersexués se croient des anormaux (comme cela été le cas longtemps pour les homosexuels et les transsexuels). La plupart des intersexués ne savent pas qu'ils sont nombreux en raison du secret et des tabous qui imprègnent encore majoritairement la société. C'est Internet qui permet progressivement aux intersexués de se retrouver et d'unir leurs efforts avec leurs alliés féministes pour combattre la désinformation à leur égard.

- La promotion de la cause des intersexués restera pendant de nombreuses années un travail de pionniers. Cette promotion représente un enjeu de société qui dépasse largement les intersexués car les conséquences de la reconnaissance de l'existence des intersexués fera progresser les causes féministes et LGBT, déstabilisera mortellement le dogme de la bi-polarité des sexes. Ce qui sera un immense progrès pour l'humanité.

- Les intersexués ont subi très jeunes un traumatisme très grave qui les paralyse. Beaucoup ont honte de leur état et n'ont pas la force de s'impliquer en adhérant dans les toutes nouvelles organisations d'intersexués.

L'urgence humanitaire à protéger les enfants et adultes intersexués des persécutions est pour nous la priorité des priorités. Cette persécution ne pourra cesser que lorsque la société admettra leur normalité et donc plusieurs sexes. Nous devons changer la mentalité de la société. Ce n'est pas une mince affaire après 6000 ans de sociétés sexistes. Seuls, c'est mission impossible.



Q5 - Quelles sont les orientations sexuelles des intersexués ?

Ces orientations sont comme tout le monde si on accepte les critères arbitraires de la société. Pour les intersexués cette question a encore moins de sens. Nous sommes tellement habitués à cette idée reçue qu'il n'y a que deux sexes que si nous essayons de remettre en question ce dogme nous devons bousculer un grand nombre d'autres principes.

En raison de ces principes, la société n'a pas intérêt à accepter la réalité de l'intersexuation. Depuis des millénaires cette réalité de l'intersexuation est cachée. La société a peur de cette réalité naturelle. En effet cela remet en cause la bi-polarité des sexes sur laquelle est basée la société comme le mariage, l'identification des individus, les orientations sexuelles qui ne se classent que par rapport aux deux sexes officiels. En effet, que peut signifier l'homosexualité, la bisexualité ou l'hétérosexualité pour une personne qui dispose à la fois de caractères morphologiques masculins et féminins? Elle reste hétérosexuelle quelles que soient ses affinités vers l'un ou l'autre des deux sexes conventionnels. Pour être homosexuelle, il faudrait qu'elle ait une attirance vers une personne qui ait exactement la même proportion de féminin/masculin. C'est à dire exactement du même sexe intermédiaire. Or il existe une infinité de nuances d'intersexuation (voir Q2) entre ces deux sexes officiels. Et encore, pour les deux sexes officiels il y a aussi de nombreuses nuances dans les caractères sexuels secondaires. Tout le monde remarque qu'il y des femmes plus ou moins masculines comme des hommes plus ou moins féminins. C'est aussi de l'intersexuation au niveau des aspects secondaires du sexe. Les théories Queer vont dans ce sens. L'existence en tant que telle des personnes intersexués donne de l'eau au moulin aux théories Queer. Toutefois OII n'a pas vocation d'aborder ces analyses complexes liées au genre que nous laisserons à nos amis sociologues.
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MessageSujet: INTERSEXES 3   Lun 19 Nov 2007 - 10:54

Q6 - Quelle est la situation actuelle (notamment législative et administrative) lorsqu'un enfant naît intersexué ? Que peuvent faire les parents avant l'éventuelle mutilation ? Qu'est-ce qui dépend d'eux et qu'est-ce qui est imposé ?

1 - Dans la plupart des pays occidentaux, les parents sont soumis à la pression d'une commission de médecins. Le sexe choisi pour l'enfant intersexué par cette commission est le plus souvent le sexe féminin car il est plus facile de couper que de construire. Dans les pays où il est plus valorisant que l'enfant soit un garçon, c'est le sexe masculin qui est choisi. Il n'y aura pas amputation mais des traitements hormonaux de virilisation seront prescrits.

2 - Les parents doivent se décider très vite et en général suivent l'avis de la commission car ils n'ont aucune information sur l'intersexuation. On les persuade que leur enfant est anormal et qu'il convient de corriger cette anomalie par la chirurgie et les traitements hormonaux.

3 - Pour les cas (très rares) où les parents refusent un traitement de "normalisation", les médecins ne peuvent s'y s'opposer. Les seuls cas connus de refus sont en faveur des enfants dont un des parents était médecin. Ref. : Commission des droits humains, Ville de San Francisco, 25 avril 2005.

4 - En attendant une évolution de la Société, le sexe à déclarer à l'état civil devrait être le plus proche du bon sens comme c'était le cas avant 1950. Puis ultérieurement la personne pourra éventuellement décider vers quel sexe officiel il se sent plus proche. OII pense que le plus logique serait qu'aucun sexe ne soit déclaré aussi bien pour les intersexués que pour toute autre personne.

5 - L'intersexuation du point de vue légal n'étant pas reconnue comme un état normal ou anormal, il n'y a aucune loi, aucune législation pour les enfants et personnes intersexuées. C'est donc l'arbitraire le plus total qui règne en ce domaine. Toutefois la loi interdit les mutilations sexuelles ou autres qui ne seraient pas nécessaires à la préservation de la santé de l'enfant.

Il est à noter que l'apparence à la naissance n'est pas toujours figée. Une évolution biologique peut intervenir au cours de la vie vers une virilisation ou une féminisation. Des ovaires peuvent se transformer en testicules et inversement des testicules non descendus en ovaires. Ovaires et testicules restent des gonates susceptibles de se transformer. Ce phénomène de changement de sexe spontané est très connu pour le monde animal. C'est ainsi que les poissons (nos très lointains ancètres) qui disposent comme les mammifères d'une paire de chromosomes XY ou XX changent de sexe s'il y a un déficit de l'un ou l'autre sexe. La nature ne manque pas d'imagination. C'est notre société anti-nature et dogmatique qui en manque.


Q7 - Quels sont vos atouts pour sensibiliser le monde médical de la vieille Europe?

L'OII n'a rien contre le monde médical en tant que tel. La médecine sauve de nombreuses vies et les médecins sont des personnes dévouées au service de la santé des personnes.

C'est la société totalitaire qui est responsable du traitement inhumain dont les enfants intersexués sont l'objet. Le corps médical, en tant qu'élément de la société n'échappe pas à l'influence culturelle qui ne veut voir que deux sexes. Il est donc logique que ce corps médical veuille rectifier ce qui lui paraît des anomalies conformément à ce qui est enseigné lors des formations de médecins.

Une comparaison peut être faite avec les homosexuels. En effet la société considérait les homosexuels comme relevant de l'anomalie. Le monde médical qui, comme déjà dit, ne peut être séparé de l'ambiance générale sociale traitaient l'homosexualité comme une pathologie par des traitements psychiatriques puis plus tard à partir de 1950 par des traitement hormonaux de virilisation. Dès que la société a commencé à trouver normal l'orientation sexuelle homosexuelle, les médecins ont cessé ces traitements sur les homosexuels.

Ce sont les organisations féministes queer et d'intersexué-e-s, les organismes de défense des droits de l'homme qui pourront avoir à moyen terme une influence sur la société et donc sur le corps médical.

Q8 - Est-ce que les intersexués feraient partie de ce que certains groupes et les médias appellent le troisième sexe?

Les communautés identitaires classiques, les médias, sauf la mouvance féministe queer, n'échappent pas au conditionnement psychosocial de la bipolarité des sexes ou tout au moins à une classification par rapport aux deux sexes conventionnels homme ou femme. Le troisième sexe serait, selon eux, un nouveau sexe qui se classerait par rapport aux deux sexes officiels. Ce qui revient à continuer à admettre la bipolarité des sexes à laquelle serait ajoutée une verrue qui serait un troisième sexe. Nous restons ainsi dans un sexisme que OII rejette comme étant une ségrégation à l'égard des personnes intersexuées.

Pas plus qu'il n'y a deux sexes, il n'y a un troisième, un quatrième, voir même un cinquième sexe, il y a un spectre en continuum du très féminin vers le très masculin. Les personnes très féminines et celles très masculines (nous nous plaçons seulement sur les aspects morphologiques évidents et scientifiques pour éviter toute contestation sur des considérations subjectives et culturelles de ce qu'on appelle les genres) ne représenteraient que 2% de la population. L'immense majorité des personnes est donc au sens élargi de condition intersexuée.

OII est pour une société où tout sexisme serait aboli. Pas de définition des sexes, pas d'attribution des genres, pas d'assignation d'un quelconque sexe à l'état civil, pas de classification des orientations sexuelles. L'OII a une vision pionnière et féministe qui ne voit que des êtres humains riches de leurs biodiversités et de leurs culturodiversités.




Source : Organisation Internationale des Intersexué(e)s (OII)

www.intersexualite.org
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